AFCD – CDA Admissions Rapport, Mai 2014

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RÉSUMÉ

 

Objectifs

Conformément au mandat du groupe de travail, nous nous sommes fixé les objectifs suivants pour guider nos travaux :

  • décrire les démarches d’admission aux programmes de chacune des facultés de médecine dentaire du Canada;
  • décrire les problèmes liés aux démarches d’admission actuelles, les solutions envisageables ainsi que les enjeux soulevés par le personnel des facultés de médecine dentaire du Canada;
  • décrire les problèmes et autres enjeux liés aux démarches d’admission qu’ont soulevés des personnes gravitant autour de la profession dentaire;
  • décrire la littérature portant sur la validité et la fiabilité des divers outils et démarches qui servent à l’admission en médecine dentaire;
  • s’il y a lieu, comparer cette littérature à celles de la médecine, des soins infirmiers et de la médecine vétérinaire;
  • tirer des conclusions sur la qualité des outils et des démarches qui servent actuellement à l’admission en médecine dentaire au Canada; et
  • recommander d’éventuels moyens d’assurer des démarches d’admission de qualité élevée en médecine dentaire au Canada.

Dans cette optique, nous avons choisi différentes méthodes pour atteindre nos objectifs, dont une recension des travaux pertinents sur le sujet et la tenue d’entrevues avec les agents d’admission dans les facultés de médecine dentaire du Canada, sans oublier la tenue d’entrevues avec certains organismes dentaires nationaux du Canada et des États-Unis.

Revue de la littérature portant sur la validité des démarches d’admission

Après avoir examiné la littérature et les outils d’évaluation utilisés lors des démarches d’admission aux facultés de médecine dentaire, nous avons noté que certaines composantes du Test d’aptitude aux études dentaires (principalement le TAED-CR [cote de rendement; cote R], le TAED-RQ [raisonnement quantitatif] et le TAED-CÉ [compréhension écrite; composante offerte uniquement aux candidats anglophones]) ainsi que la moyenne pondérée cumulative de l’année préparatoire en médecine dentaire et la moyenne pondérée cumulative en sciences sont les meilleurs indicateurs prédictifs du rendement scolaire des étudiants en médecine dentaire. Aussi, ces indicateurs ont une certaine corrélation avec le rendement aux examens cliniques et à ceux du bureau d’examen dentaire, même si ce rapport est faible à modéré. Il subsiste toutefois des questions quant à la validité concourante du TAED-TP [test de perception], puisque les résultats de celui-ci n’ont pas été comparés avec ceux d’aucune autre forme d’évaluation des habiletés perceptuelles. Nos résultats indiquent également que la combinaison d’outils d’évaluation cognitive entre eux, mais aussi avec des outils d’évaluation non cognitive accroît considérablement leur validité prédictive. Il reste cependant à déterminer quels outils non cognitifs utiliser.

Les entrevues continuent d’être un moyen prisé d’évaluer les attributs non cognitifs et la personnalité des candidats. Nous avons constaté que le resserrement de la structure de l’entrevue, que ce soit en dirigeant l’entrevue ou en menant de multiples minientrevues, augmente considérablement la fiabilité et la validité de cet outil. Notre comparaison des entrevues dirigées avec les minientrevues multiples semble indiquer que ces dernières offrent une fiabilité légèrement supérieure, bien qu’il faille encore approfondir la recherche avant d’arriver à des conclusions solides.

Nous avons noté que le test de dextérité manuelle avait une validité prédictive nulle ou faible du rendement des étudiants. Cela dit, ce test peut servir d’outil de sélection pour l’admission et a déjà montré qu’il permettait de réduire le taux d’abandon dans les facultés de médecine dentaire.

L’étude de la qualité des tests de validité pour les démarches d’admission doit tenir compte de bien des facteurs. Or, la plupart des articles étudiés portaient seulement sur la validité prédictive et convergente/divergente et, dans une moindre mesure, sur la validité concourante. Nous avons pu évaluer la validité apparente, conceptuelle et de contenu des outils de sélection seulement pour les minientrevues multiples. Pour ce qui est de la fiabilité, seules quelques études sur les tests de dextérité manuelle (précelle, simulation par ordinateur d’un acte dentaire) et les entrevues structurées s’y sont intéressées. Il reste donc encore bien des aspects à explorer avant de tirer des conclusions éclairées sur la validité et la fiabilité des outils de sélection. Aussi, les articles examinés étaient fondés sur des corrélations ou des analyses statistiques descriptives, ce qui fait que les déductions et les conclusions possibles ne peuvent qu’être très sommaires.

En ce qui concerne l’élargissement de la diversité des étudiants, nos constatations suggèrent que les outils de sélection utilisés actuellement lors des démarches d’admission ne désavantagent pas les étudiants d’horizons variés (p. ex. ceux issus d’un milieu rural ou d’une minorité ethnique). Ainsi, les universités doivent mettre en œuvre d’autres initiatives, telles que des programmes de recrutement auprès des groupes minoritaires sous-représentés ou des programmes ayant un potentiel de canalisation, si elles veulent accroître la diversité de leur population étudiante. Notre analyse documentaire laisse entrevoir des pistes de solution en ce sens.

Résultats des entrevues auprès des parties intéressées

La plupart des agents d’admission en médecine dentaire au Canada ont convenu qu’il serait utile d’avoir une batterie de tests d’admission nationaux normalisés parmi lesquels choisir pour évaluer les habiletés cognitives, non cognitives et psychomotrices. Cela permettrait de tenir compte de certaines préoccupations entourant la moyenne cumulative pondérée, notamment : i) l’inflation des notes dans certains cours au sein d’un établissement; ii) la variation des notes accordées par divers professeurs d’un même cours dans un établissement donné; iii) la variation des moyennes pondérées cumulatives entre établissements; iv) la variation des notes entre programmes (p. ex. un programme d’ingénierie par rapport à un programme de sciences générales).

Les agents d’admission ont aussi fait remarquer que les composantes actuelles du TAED canadien comportaient certains aspects problématiques qu’il faut régler :

  • L’examen en sciences naturelles n’est pas d’un niveau approprié pour évaluer les cégépiens qui demandent l’admission aux trois facultés de médecine dentaire du Québec. Les avantages des tests normalisés mentionnés ci-dessus se trouvent perdus si les dix facultés de médecine dentaire ne peuvent pas toutes les utiliser.
  • L’existence d’un test de compréhension écrite seulement pour les candidats anglophones constitue une autre difficulté importante. Une batterie de tests nationaux doit être disponible et accessible, en français et en anglais, pour les candidats des dix facultés de médecine dentaire.
  • La validité et la fiabilité des composantes du TAED ne sont nullement évaluées par le comité actuel sur les admissions de l’Association dentaire canadienne (ADC). Les seules statistiques courantes disponibles proviennent du service d’administration des tests de l’Association dentaire américaine. Puisque le TAED du Canada diffère de celui des États-Unis, nous n’avons fait aucune analyse du test de dextérité manuelle (TAED-TDM).

 

Le mandat limité du sous-comité sur le TAED de l’ADC soulève des inquiétudes. L’ADC élabore le TAED et l’entrevue structurée et les met à la disposition des facultés de médecine dentaire. Elle a une méthode pour noter le test de dextérité manuelle. Cependant, elle n’évalue pas la validité et la fiabilité de ces tests. Les agents d’admission ont rapporté qu’ils essayaient généralement d’évaluer sur place divers outils d’admission (comité des admissions à la faculté), une conséquence directe des limites du mandat du sous-comité sur le TAED de l’ADC. Ils ont tous dit souhaiter que les attributs non cognitifs soient évalués lors des démarches d’admission. En l’absence d’un comité national ayant le mandat d’évaluer les nouveaux outils d’admission à cet égard, chaque faculté travaille généralement dans le vide. Cette façon de faire n’est ni économique ni efficace et ne permet pas d’amasser des données pour améliorer la recherche sur l’utilisation des outils d’admission.

Recommandations

En se fondant sur les résultats de l’analyse documentaire et des entrevues, le groupe de travail formule les recommandations suivantes :

  1. Il faut remplacer le sous-comité sur le TAED de l’ADC par un comité national sur les admissions administré conjointement par l’ADC et l’Association des facultés dentaires du Canada. Ce nouveau comité devrait se composer :
  • des agents d’admission de chacune des dix facultés de médecine dentaire;
  • de personnes spécialisées dans les admissions et la recherche pertinente;
  • de personnes spécialisées dans l’évaluation de la validité et de la fiabilité d’outils d’admission;
  • de personnes spécialisées dans la création d’éléments et de scénarios pour des tests non cognitifs (p. ex. minientrevues multiples et entrevues structurées); et
  • d’un soutien administratif.
  1. Le mandat du nouveau comité national sur les admissions doit être assez large pour inclure les fonctions suivantes :
  • élaboration de lignes directrices visant l’ensemble des démarches de sélection et d’admission de candidats en médecine dentaire (c.-à-d. des lignes directrices qui vont au-delà du simple contrôle du TAED);
  • élaboration de lignes directrices sur l’utilisation convenable de démarches et d’outils d’admission précis (p. ex. notes de passage, utilisation à des fins de dépistage, etc.);
  • formation sur l’utilisation d’outils d’admission;
  • élaboration d’éléments pour des tests et des démarches d’admission (p. ex. questions pour des entrevues structurées ou scénarios pour des minientrevues multiples); et
  • surveillance de l’évaluation de la validité des outils et des démarches d’admission.
  1. Le nouveau comité national sur les admissions doit être suffisamment doté pour pouvoir exécuter le mandat décrit ci-dessus.
  2. Tous les outils d’admission que le nouveau comité national sur les admissions recommande aux facultés de médecine dentaire :
  • doivent être mis à la disponibilité des facultés en français et en anglais; et
  • doivent être d’un niveau adéquat pour pouvoir être administrés à tous les candidats aux études en médecine dentaire au Canada, particulièrement afin que les conditions d’évaluation soient égales pour les candidats issus d’une université et ceux issus d’un cégep.
  1. Les efforts pour étudier la validation des tests doivent porter sur les tests prometteurs :
  • le TAED-CR, le TAED-RQ, le TAED-CÉ;
  • la moyenne pondérée cumulative de l’année préparatoire en médecine dentaire, la moyenne pondérée cumulative en sciences;
  • les minientrevues multiples, les entrevues structurées; et
  • une combinaison de ces tests.
    1. Puisque sept des dix facultés de médecine dentaire au Canada utilisent actuellement le TAED-TDM, il faut en évaluer la validité et la fiabilité, et en examiner l’utilisation la plus adéquate.
    2. Les facultés de médecine dentaire doivent s’efforcer de centrer leurs démarches d’admission sur des outils probants et cesser d’utiliser des méthodes peu probantes ou montrant qu’elles ne sont pas efficaces.
    3. Il faut faire porter les efforts sur le recrutement des bons candidats et sur les démarches employées pour les sélectionner.